Des pratiques artistiques des jeunes


Les espaces populaires urbains, depuis le début des années quatre-vingt, restent décrits avant tout comme des  » non-lieux  » où l’événement est interprété au mieux comme un bricolage culturel (cultures de la rue), au pire comme un désordre social (émeutes), dans tous les cas, des mouvements sans enjeux, des  » non-événements « . Nous prétendons ici que le bricolage et le désordre non seulement ne sont pas des  » problèmes  » mais génèrent des espaces vitaux et participent aux mouvements de réappropriation historique. (extrait de : Jeunesses messianiques et espaces populaires de création culturelle)

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Descriptif

DES PRATIQUES ARTISTIQUES DES JEUNES

  • – DÉBATS

1 – Entre innovation artistique et nouvelles formes de culture populaire

Denis Adam et Jean-Claude Richez

2 – Jeunesses messianiques et espaces populaires de création culturelle

Hugues Bazin

Les espaces populaires urbains, depuis le début des années quatre-vingt, restent décrits avant tout comme des  » non-lieux  » où l’événement est interprété au mieux comme un bricolage culturel (cultures de la rue), au pire comme un désordre social (émeutes), dans tous les cas, des mouvements sans enjeux, des  » non-événements « . Nous prétendons ici que le bricolage et le désordre non seulement ne sont pas des  » problèmes  » mais génèrent des espaces vitaux et participent aux mouvements de réappropriation historique.

Éclairée par des expressions artistiques, la création culturelle de minorités actives replace l’espace populaire dans sa forme dynamique en tant que rapport conflictuel à la société, et les jeunesses dans leur portée messianique.

3 – Subcultures de masse et nouvelles technologies

Jean-François Marrens

Le développement de technologies culturelles de masse a considérablement déplacé les frontières des pratiques culturelles ces vingt dernières années. Face à l’émergence de nouvelles organisations, le dialogue entre logique de  » gratuité  » et de rentabilité s’est posé, tant du point de vue du technocapitalisme que des mouvements musicaux contre culturels. Ces mouvances (hip-hop et techno) ont elles-mêmes articulé gratuité, productions collectives et commercialisation de masse, mais l’intégration de ces subcultures s’avère différenciée en regard des enjeux de la nouvelle économie.

4 – Les expressions artistiques des jeunes : un défi permanent aux cadres institutionnels figés

Philippe Mourrat

Entre une conception élitiste de l’art pour l’art, et une logique d’activité occupationnelle de loisir, s’est forgée une troisième voie de pratique et d’expression artistique. À l’instar du mouvement hip-hop, elle est à l’avant-garde de ce qu’on appelle diversité culturelle, elle nous invite à reconsidérer le périmètre du champ de l’action culturelle et les concepts et modes d’action rigidifiés par l’institutionnalisation.

5 – Les mondes oubliés de l’art et de la culture

Fabrice Raffin

La multiplication de pratiques et d’initiatives privées à l’écart des institutions ou du marché de la culture bouleverse aujourd’hui la tranquillité établie, quasi-routinière, du paysage culturel contemporain. Ce phénomène est tout à fait observable du côté des squats ou de collectifs qui réinvestissent d’anciens sites marchands ou industriels, mais aussi de pratiques culturelles en apparence bien différentes, comme les courants musicaux liés à la techno ou au hip-hop. Cet ensemble de tendances a en commun de réinterroger le sens des pratiques et des actions culturelles mais aussi, le statut des productions esthétiques qui les fondent et le rapport que les publics développent à leur contact et plus largement, leurs sens sociaux. Si ces pratiques concernent de nombreuses jeunes populations, elles ne s’y limitent pas et ce sont plutôt les termes d’une tendance culturelle générale que cet article propose d’analyser.

6 – Quand la référence détermine la valeur…

Dieynébou Fofana

Au début des années quatre-vingt, la culture hip-hop fait son apparition en France, avec de nouveaux codes culturels. Vingt ans plus tard, ses modes d’expression oscillent entre reconnaissance et dénonciation. Aujourd’hui désignée comme une culture juvénile émergente, on s’interroge encore sur sa place dans le paysage culturel français. Une situation qui mérite que l’on s’attarde, d’une part, sur l’histoire fragmentaire de cette culture, étroitement liée à celle des espaces urbains dans lesquels elle est née et continue d’évoluer. Et, d’autre part, sur le traitement dont elle bénéficie dans le discours et dans les faits.

7 – Tags, graffs et fresques murales : revendications identitaires, expressions communautaires ? (San Francisco-Strasbourg)

Anny Bloch-Raymond

Les tags et les graffs pourraient être interprétés comme la défense et l’illustration de communautés d’une part, traces et expression artistique de groupes multiculturels de l’autre, exprimant révolte et recherche de sens, mémoire collective, repères historiques et spirituels dans l’espace public. Si les contenus d’expression, le style et les formes des deux mouvements sont différents, les valeurs qui s’expriment sont proches : valeur éducative de l’art, traduction de l’histoire d’un groupe, réponse au statut de dominés, dénonciation et refus de l’exclusion sociale. Cette expression veut atteindre un public populaire. Dans tous les cas, on ne trouve pas d’opposition entre socio-politique et art, mais une sorte de combinatoire qui réunit pragmatisme et postmodernisme.

  • – POINTS DE VUE

L’autonomie résidentielle, un processus lié au développement des aides familiales et publiques

Isabelle Amrouni et Francine Labadie

L’autonomie résidentielle, c’est-à-dire la situation dans laquelle un jeune ne réside plus au foyer familial tout en restant à la charge financière de ses parents est aujourd’hui encore mal connue, faute d’instruments d’analyse appropriés. Pour mieux appréhender le processus à l’œuvre, il faut en particulier comprendre le rôle joué par les aides familiales et les aides publiques. Ce progrès dans la connaissance passe par un changement de regard sur les relations entre les jeunes adultes et leurs familles ; il est porteur d’une nouvelle répartition des responsabilités respectives des familles et de l’État envers les jeunes.

Rites initiatiques et rituels de passage ou de purification, dans l’école, l’éducation physique et le sport

Jacques Gleyse

À partir de trois exemples très différents de  » rituels corporels  » l’auteur tente de dégager une théorie locale des rites initiatiques et des rituels de passage

Les droits des jeunes à la sexualité et à la procréation au Chili

Paulina V. Pollarolo

Malgré la ratification par le Chili des accords internationaux sur les droits sexuels et procréatifs des jeunes lors des conférences des Nations Unies, les gouvernements n’ont pas défendu ces droits et n’ont pas mis en œuvre de politique en direction des jeunes pour qu’ils puissent les connaître et les exercer. Cette attitude est due en grande partie à l’influence de la hiérarchie de l’Église catholique qui impose un discours conservateur sur les thèmes de la famille et de la sexualité. Ce discours ne répond pas au comportement des jeunes qui ont une vie sexuelle plus active et précoce. Cet article aborde la question du respect de ces droits dans un souci d’équité sociale et la nécessité de développer des programmes d’éducation sexuelle adaptés.