Jeunes et violences


Les comportements agressifs de la prime adolescence sont souvent associés à l’absorption plus ou moins abusive d’alcool et d’autres types de psychotropes : pour les uns, le mal-être adolescent est lié à la dépression et pour d’autres à une sociabilité intense. (extrait article 1)

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Descriptif

Jeunes et violences

ÉDITORIAL

  • Jeunes et violences

Tariq Ragi

DÉBATS

  • Violence, sociabilité, psychotropes et dépression

Hugues Lagrange, directeur de recherche au CNRS, Observatoire sociologique du changement.

Les comportements agressifs de la prime adolescence sont souvent associés à l’absorption plus ou moins abusive d’alcool et d’autres types de psychotropes : pour les uns, le mal-être adolescent est lié à la dépression et pour d’autres à une sociabilité intense. Une autre hypothèse interprétative a été émise : les conduites délinquantes et l’abus de psychotropes sont associés aux effets de tensions et de frustrations qui ne trouvent pas de compensations ou d’exutoires. En partant de ce questionnement, l’auteur cherche à préciser les relations existant entre l’implication dans des bagarres, le fait d’avoir été agressé ou menacé, la consommation d’alcool, de cannabis, les formes de sociabilité et les difficultés psychiques des adolescents français des deux sexes.

  • La place de la marginalité

Pierre Coupiat, doctorant en sociologie (Bordeaux-II), association l’Atelier – prévention spécialisée.

Les dynamiques classiques de socialisation sur la base de conflits et de contestations sont aujourd’hui, comme hier, à l’œuvre, mais les formes diffèrent. L’espace des choix s’est ouvert, bien des identités perçues comme naturelles ne le sont plus et il ne suffit plus d’hériter pour « être ». Les mécanismes de passage du monde juvénile au monde adulte peuvent être pensés à partir d’expériences individuelles dans une triangulation à trois pôles : celui de l’espace naturel du jeune ou « espace de subjectivation », celui du marché culturel et celui des institutions normatives. La marginalité en tant que processus de passage signe une expérience sociale dont la dynamique d’action est la prise de conscience des valeurs contradictoires et l’éloignement des logiques des différents pôles.

  • La sortie autonome de la « vie de la cité »

Joëlle Bordet, psychosociologue, Centre scientifique et technique du bâtiment, département économie et sciences humaines, laboratoire Mutations techniques et sociales.

Aujourd’hui, les jeunes aux prises avec l’exclusion sociale et la marginalisation sont souvent désignés comme délinquants, réels ou potentiels, par les médias, mais aussi parfois par les élus et les responsables locaux. Eux-mêmes, pour certains, s’identifient de plus en plus fortement à une condition de vie spécifique en rupture avec la société ; de nouvelles identifications héroïques se développent et certains vivent sans perspective de sortie de la cité. Cet article analyse, en les situant dans un processus historique, les phénomènes significatifs de l’évolution des conditions de vie de ces jeunes sur un plan à la fois social, économique et identitaire. Il propose des points de repère pour lutter contre une approche essentialiste et déterministe de la délinquance.

  • Violences urbaines et recours au sport

Fatou Dame Loum, docteur en sociologie, équipe de recherche en sciences du sport et Centre de recherche et d’études en sciences sociales, université Marc Bloch, Strasbourg, William Gasparini, maître de conférences en sciences et techniques des activités physiques et sportives, HDR en sociologie, équipe de recherche en sciences du sport et membre associé du Centre de recherche et d’études en sciences sociales, université Marc Bloch, Strasbourg.

L’analyse sociologique des violences dans le sport s’est largement développée depuis une trentaine d’années. Les travaux montrent les aspects socialisants du sport mais permettent aussi de dépasser l’idée que le sport canaliserait « naturellement » la violence. Dans un contexte sociopolitique où l’insécurité est souvent présentée comme le problème essentiel de la société française, de nombreux responsables politiques conservent pourtant la vision d’un sport censé pacifier les banlieues. À partir de l’exemple d’un dispositif municipal de prévention de la délinquance par la pratique sportive, nous voudrions montrer la façon dont se construit localement le discours sur la prévention par le sport, la mise en œuvre de ce programme et ses effets.

  • Violences et animation socioculturelle

Nikos Precas, conseiller d’éducation populaire et de jeunesse à la DDJS de l’Isère.

Nous souhaitons présenter une tentative de synthèse d’une grande variété de documents, des échanges avec des acteurs et des notes prises lors de colloques ou de journées d’étude. L’ensemble formant une masse disparate de propos, le besoin de balayer ce corpus, non exhaustif, et de commencer à construire un discours qui trie, juge et organise s’est fait sentir. Nous aimerions ainsi participer aux débats qui questionnent notre société, en valorisant un regard empreint de pragmatisme, et ce à travers l’exploitation des situations concrètes d’animation, tout en l’enrichissant et en l’élargissant par une réflexion qui l’inscrit dans une globalité sociétale indispensable.

POINTS DE VUE

  • Paradoxes autour de la participation

Emmanuelle Santelli, chargée de recherche, CNRS, Groupe de recherche sur la socialisation – ISH, Aude Legube, assistante de recherche, CNRS, Groupe de recherche sur la socialisation – ISH.

À partir d’une réflexion méthodologique sur la question des jeunes et leur quartier, cet article s’interroge sur la participation des « jeunes des quartiers » aux dispositifs d’insertion sociale et professionnelle. Le pendant de cette question nous conduit à la non-participation d’une partie de ces jeunes aux dispositifs ou structures censés leur apporter l’aide dont ils auraient besoin. Trois types de paradoxes émergent de ce constat et posent la question des modalités d’actions à promouvoir pour les jeunes les plus en difficulté.

  • Génération numérique et nouvelle économie

Jacques Hamel, professeur au département de sociologie de l’université de Montréal, Caroline Dawson, Maxime Marcoux-Moisan, Bjenk Ellefsen, assistants de recherche à l’université de Montréal et à l’UQAM.

Cet article s’emploie à retracer l’insertion professionnelle et sociale de la génération numérique, c’est-à-dire des jeunes qui, férus d’informatique, ont axé leurs études sur les domaines en phase avec la « nouvelle économie » dont témoignent le multimédia, l’informatique et la biotechnologie. Sur la base d’un sondage en ligne et de récits d’insertion, l’analyse exposée cherche à savoir si leur intégration en entreprise et dans la société s’établit sous le signe de la « culture Internet » en vigueur dans l’économie nouvelle et dont quatre qualités représentent la clef de voûte : flexibilité, esprit ouvert, innovation et immédiateté.

CHRONIQUES

  • LIRE, FAIRE LIRE

Comptes rendus de lecture

  • Le scandale des « tournantes » : dérives médiatiques, contre-enquête sociologique, Laurent Mucchielli
  • Villes et développement éducatif local : les cas d’Évry, d’Amiens et de Calais, André Chambon
  • « Les sciences du psychisme et l’enfance “irrégulière” », Le temps de l’histoire, n° 6, Dominique Dessertine (dir.)
  • Coll. « Psychologie des dynamiques interculturelles », SIDES, Geneviève Vinsonneau (dir.) : L’interculturel : principes et réalités à l’école, (2004), Jennifer Kerzil, Geneviève Vinsonneau ; Contextes pluriculturels et identités : recherches actuelles en psychologie sociale (2005), Geneviève Vinsonneau (dir.) ; Identité sociale et ego-écologie : théorie et pratique (2005), Anne-Marie Costalat-Founeau
  • Le bonheur d’être adolescent : suivi de quelques considérations sur la première jeunesse et la nouvelle enfance, Marie Cipriani-Crauste, Michel Fize
  • Les passagers de la nuit : vie nocturne des jeunes, Peggy Buhagiar, Catherine Espinasse

Notes de lecture

Signalements

  • AGENDA (colloques, rencontres, événements)
  • VEILLE INFORMATIVE

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