Le service civique dans les associations

Mise en oeuvre et impact dans le département de l’Aisne


Si les associations sont les principales structures d’accueil de jeunes en service civique, on connaît encore assez peu l’usage qu’elles font de ce dispositif et l’impact des missions des jeunes sur leur fonctionnement quotidien et leur développement. Partant de ce constat, l’INJEP et l’Agence du service civique ont commandité une étude dans l’optique d’analyser comment l’engagement de service civique s’inscrivait dans le travail associatif et dans quelle mesure il contribuait simultanément à le modifier.

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Cette étude prend appui sur une enquête qualitative réalisée dans le département de l’Aisne, où il n’y a pas de métropole régionale ou de grande ville dans lesquelles les réseaux d’organismes accueillant des jeunes en service civique sont souvent déjà très structurés. Des entretiens ont été menés avec des dirigeants de structures d’accueil, des tuteurs, des salariés, des bénévoles et des jeunes volontaires. Au total, ce sont 18 associations qui ont été enquêtées et 59 personnes rencontrées.

Les résultats révèlent une proximité entre le monde de l’engagement volontaire en service civique et celui du travail salarié, non seulement dans la manière dont les associations ont recours au dispositif et en font usage, mais aussi dans les significations que les jeunes attribuent à leurs expériences, marquées par des difficultés d’insertion professionnelle. L’analyse des motivations et des objectifs, de la construction des missions, des modes de gestion associative des jeunes engagés et des postures prises par les tuteurs illustre de manière particulièrement claire ce jeu de proximité et de distance avec les logiques de l’emploi salarié et de l’engagement bénévole.

Partant, l’étude met en évidence un arrangement – plus ou moins accentué selon les organismes d’accueil – avec la philosophie, les valeurs et les principes du service civique. Dans le contexte de difficultés et d’incertitudes que rencontrent actuellement les associations, cette prise de distance se perçoit dans la construction des engagements, avec la complexité d’inscrire au quotidien les missions en conformité avec les principes de complémentarité et de non-substitution par rapport aux missions des salariés et des bénévoles. Elle est singulièrement marquée dans la mise en oeuvre du tutorat qui reste, dans la majorité des cas, informel et partiel.

Le rapport s’achève par une analyse de l’impact des missions des volontaires sur les organismes d’accueil, le travail associatif, le personnel, les bénéficiaires et l’environnement.

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Clotilde Talleu, consultante indépendante ; avec la collaboration de Céline Leroux