L’européanisation des politiques de jeunesse

L’action publique en faveur de la mobilité des jeunes


Dans le cadre de son contrat d’objectifs et de performance 2010-2012, l’INJEP a commandité une étude sur l’européanisation des politiques de jeunesse, analysée sous l’angle de l’action publique en faveur de la mobilité des jeunes. L’objectif est d’interroger les interactions entre les différents niveaux territoriaux – européen, national et infranational – des politiques de jeunesse. En envisageant l’européanisation dans une approche interactive à double sens – top down et bottom up – et multiniveaux – acteurs étatiques et non étatiques, nationaux et infranationaux –, cette étude explore les processus d’apprentissage qui circulent entre ces différents acteurs : échanges d’idées, transferts de modes de faire, construction de réseaux de relations, etc. Elle questionne ainsi l’existence d’une harmonisation de l’action publique en faveur de la mobilité des jeunes dans le référentiel européen.

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Méthodologie
La méthodologie choisie se décline en deux dimensions. Un premier volet a consisté en une analyse documentaire des textes juridiques de l’Union européenne sur les politiques de jeunesse, des rapports réalisés par des instances consultatives sur les jeunes et leur mobilité, ainsi que des publications des organisations de jeunesse et d’éducation populaire. Une enquête qualitative a ensuite été réalisée auprès d’un échantillon d’acteurs des politiques publiques (État et collectivités territoriales), de la société civile et du monde de la recherche. Deux régions pilotes ont été choisies pour cette enquête empirique : la région Île-de-France et la région Alsace. Au total, dix-huit entretiens semi-directifs ont été menés afin de saisir plus finement les interactions entre les politiques européennes et les actions nationales et infranationales relatives à la mobilité des jeunes.

Résultats
En dépit du fait que la jeunesse constitue une compétence communautaire subsidiaire, l’étude révèle l’existence d’une forme d’européanisation des politiques de jeunesse qui passe essentiellement par des mécanismes cognitifs. L’Union européenne diffuse des idées sur la mobilité des jeunes, propose des cadres de réflexion et des structures d’opportunité, suggère des pistes d’action qui font réfléchir les acteurs nationaux et infranationaux et conduisent, in fine, à la modification de leurs modes de faire. Ce processus d’européanisation se décline toutefois au pluriel. L’empreinte laissée par l’UE sur les modes de pensée et de faire de la mobilité et la façon dont les acteurs tentent à leur tour d’agir sur la construction des politiques et programmes communautaires en faisant circuler leurs idées et savoir-faire varient considérablement d’un type d’acteur à l’autre, d’un niveau de gouvernance à l’autre.

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Clotilde Talleu est chargée d’études, consultante en sciences sociales et en évaluation de politiques publiques.