Rites et seuils, passages et continuités


Les rites de passage, qui organisaient et solennisaient naguère le processus de passage à l’âge adulte, ont cédé la place à une transition plus progressive, reposant sur des procédures informelles et éventuellement réversibles, parsemées de rites ponctuels. Ces  » premières fois  » n’inaugurent pas forcément l’entrée dans une phase d’expérimentation féconde, ni la construction progressive de la maturité sociale. Elles entretiennent un statut d’individu en transition et dissimulent mal le caractère tâtonnant du passage à l’âge adulte.

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Descriptif

SOMMAIRE

Le recours au rite :

  • l’exemple du service militaire

Marc Bessin

À partir de l’exemple du service militaire, l’article montre comment la question des rites de la jeunesse s’est transformée et pourquoi il convient d’éviter d’y porter un regard nostalgique, au risque de contribuer à la perte de sens qui semble les guider.

  • Passer le permis de conduire : la fin de l’adolescence

Olivier Masclet

Bien que le passage du permis de conduire puisse être considéré comme l’un des rites marquant la fin de l’adolescence, les sociologues se sont peu intéressés jusqu’ici à ses conditions pratiques de déroulement. Cet oubli est d’autant plus surprenant qu’outre son aspect symbolique, passer le permis est un acte social et économique important où les relations entre les générations et les sexes s’avèrent déterminantes.

  • Le BAFA, une entrée ritualisée dans le monde des adultes

Olivier Douard

Le stagiaire BAFA « joue » à être alternativement l’enfant qu’il était hier, l’animateur qu’il sera demain, les enfants qu’il aura à encadrer, l’adulte que l’institution organisatrice, voire la société, espère en lui. Dans ses multiples constructions – éducatives, psychologiques et sociales – le BAFA opère ainsi comme un seuil matérialisant le passage du jeune vers des responsabilités d’adulte.

  • Violences dans les rapports filles-garçons

Karima Guenfoud

Nombre de chercheurs et professionnels analysent les viols collectifs à travers l’émergence d’une nouvelle sexualité et d’un rite de passage pour des jeunes garçons. Qu’en est-il au regard des filles et des garçons concernés ? Cet article interroge le sens de leurs relations et met en lumière les stratégies de survie qu’ils développent dans le quartier.

  • Trajectoires de décohabitation et cheminements vers l’âge adulte

Anne Pellissier

Parce que le passage de la jeunesse à l’âge adulte ne s’effectue plus sur le mode du  » rite de passage  » mais constitue, bien plutôt, l’aboutissement d’une succession de  » premières fois « , la décohabitation ne peut plus se comprendre comme le signe irréfutable de l’entrée dans l’âge adulte, mais doit être étudiée dans le cadre de trajectoires, pour certaines  » directes « , et pour d’autres faites d’allers et de retours.

  • Premières confrontations des  » bacs pro  » au travail

Hélène Bretin

Dans un contexte social où les transitions vers l’âge adulte et l’emploi se font plus longues, la multiplication des essais et des réorientations complexifie le repérage de premières fois augurant de la suite du parcours de vie. Dans l’expérience des bacheliers professionnels rencontrés, les premières confrontations au travail pendant la formation scolaire contribuent à remettre en cause avec plus ou moins de bonheur et de ressources, les orientations vers une condition ouvrière dans des secteurs professionnels couramment disqualifiés.

Points de vue :

  • Sport et dérives sectaires

William Gasparini

Considérés par les sociologues comme des mouvements socialement controversés qui s’opposent à la modernité et à la collectivité dont ils sont issus, les sectes ou les mouvements à caractère sectaire peuvent s’investir dans le sport dans le but d’attirer certaines fractions de la jeunesse sportive. Parce que le sport peut être facilement détourné de ses fonctions éducatives, le monde sportif n’est pas à l’abri des dérives sectaires et des tentatives d’entrisme.

  • La religion à l’école en France et en Angleterre

Lina Molokotos Liederman

’auteure traite des questions posées par l’expression de l’appartenance religieuse à l’école, avec une attention particulière aux élèves musulmans scolarisés à l’école publique en France et en Angleterre. Parmi plusieurs problèmes en France, au-delà du port des foulards à l’école, figurent surtout les dérogations pour des raisons religieuses, qui font de l’expression de l’appartenance religieuse un enjeu pour la tradition laïque du pays. En Angleterre, au-delà du financement étatique des écoles musulmanes, il s’agit surtout des conflits sur le contenu de l’enseignement religieux et les demandes systématiques d’une meilleure prise en compte des besoins religieux dans le système éducatif anglais.

  • Emplois jeunes : la précarité au cœur des discours et des pratiques

Sophie Divay

Les emplois-jeunes ont été mis en place à partir de 1997 en France, afin de lutter contre le chômage des jeunes. Les textes de loi annonçaient l’avènement d’une mesure novatrice qui ne misait pas sur l’insertion et la formation, mais sur la professionnalisation et la pérennisation des nouvelles activités créées. À l’approche de la sortie du dispositif, le problème de la précarité ne semble pas réglé pour les emplois-jeunes. Le cas des agents de médiation sociale, présenté ici, donne à voir les difficultés et l’instabilité auxquelles ces jeunes en contrat aidé doivent faire face