Sports et identités


Les milieux éducatifs semblent aujourd’hui partager une croyance dans les vertus du sport dans ses formes les plus variées, du sport institué (en club), qui favoriserait l’apprentissage des règles de vie, aux sports « libres » ou « auto-organisés » permettant l’expression de la création juvénile et la postmodernité sportive. (extrait de : Construction des catégories sportives juvéniles)

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Descriptif

Sports et identités

ÉDITORIAL

  • Sports et identités juvéniles

Tariq Ragi

DÉBATS

  • Construction des catégories sportives juvéniles

William Gasparini, sociologue du sport, maître de conférences (HDR), laboratoire « APS et sciences sociales », équipe d’accueil en sciences du sport, université Marc Bloch/Strasbourg-II

Les milieux éducatifs semblent aujourd’hui partager une croyance dans les vertus du sport dans ses formes les plus variées, du sport institué (en club), qui favoriserait l’apprentissage des règles de vie, aux sports « libres » ou « auto-organisés » permettant l’expression de la création juvénile et la postmodernité sportive. Une nouvelle réalité sportive se dessine progressivement et tend à opposer deux mondes sportifs juvéniles, celui des sportifs encadrés, ancrés dans la tradition sportive, et celui des jeunes inorganisés, plutôt portés vers la modernité sportive. Comme dans d’autres domaines des pratiques culturelles juvéniles, la recherche en sociologie et en marketing du sport semble avoir participé à la construction de ces catégories et de cet « illusionnisme social ».

  • Le supporterisme des jeunes passionnés

Williams Nuytens, maître de conférences de sociologie à l’université d’Artois, UFR STAPS, atelier SHERPAS

Quiconque fréquente les stades de football sait que le supporterisme attire des partisans aux engagements changeants, construits parfois autour de diverses mises en scène. Pourquoi les expressions les plus emphatiques proviennent-elles de groupes de jeunes passionnés ? Quelles sont les épaisseurs sociologiques de ce supporterisme ? Ces militants sont-ils un « miroir de leur(s) époque(s) » ? Les réponses à ces questions ne peuvent provenir que d’enquêtes situées au plus près du « peuple des tribunes ». L’article montre que les groupes composés de jeunes aux engagements « indépendants » brisent l’image d’un public homogène. Il n’y a pas non plus « plus de morts que de vivants » chez les supporters.

  • Les groupes de supporters ultras

Nicolas Hourcade, professeur agrégé de sciences sociales à l’école centrale de Lyon, doctorant en sociologie à l’université Bordeaux-II

Depuis une vingtaine d’années, des groupes de supporters « ultras » s’engagent dans le soutien aux clubs de football français. Proposant des activités, des règles et des objectifs, ils jouent un rôle socialisateur et contribuent à la construction identitaire de leurs membres. Ils sont parfois qualifiés d’institutions juvéniles, ce qui masque leur ambivalence : ils sont autant en rupture qu’en phase avec les normes sociales et les modes dominants d’organisation. Ces groupes de pairs remplissent une fonction d’intégration sociale et développent de nouvelles formes de participation à la vie publique.

  • Violences à l’école et EPS

Dominique Bodin, maître de conférences à l’UFR STAPS de Rennes-II, expert au Conseil de l’Europe pour les questions de violences et délinquances juvéniles dans le sport ; Catherine Blaya, maître de conférences à l’IUFM de Bordeaux ; Luc Robène, Stéphane Héas, maîtres de conférences à l’UFR STAPS de Rennes-II

Si l’EPS, comme toutes les disciplines scolaires en France, est confrontée au problème des violences, elles semblent moins flagrantes et moins prégnantes que dans les autres disciplines. Les raisons sont multiples : intérêt différencié des élèves pour cette discipline particulière, synergie entre enseignants d’EPS et élèves, discipline qui intègre « l’apprentissage du contrôle des pulsions » tout en offrant un « espace toléré de débridement des émotions », mais également formation des enseignants d’EPS qui privilégie, au même titre que les savoirs à transmettre, la relation pédagogique et la gestion des affects.

  • Les adolescents marginalisés face au sport

Corine Briche, cadre pédagogique à l’AFERTES d’Arras et chargée de cours au Pôle territorial de formation Nord-Pas-de-Calais/Picardie de la Protection judiciaire de la jeunesse

Les comportements des adolescents face au sport questionnent et laissent entrevoir un phénomène de décalage entre les discours et les pratiques sportives effectives. Bien que les représentations des loisirs des adolescents issus de milieux « difficiles » s’orientent très souvent vers des activités à dominante sportive, très peu les concrétisent par une pratique effective. Des processus identitaires et motivationnels gouvernent les conduites de ces adolescents. Les étudier et les comprendre permet d’éclairer le phénomène identifié.

  • Le double sens du spectacle sportif

Jean Griffet, laboratoire « Sport, loisir, santé », UPRES EA 3294, université de la Méditerranée ; Robin Recours, chercheur en sciences du sport à l’université de Montpellier-I, équipe « Génie des procédés symboliques en santé et en sport », JE 2416

Les auteurs ont construit et administré un questionnaire afin de rendre compte de l’adhésion et du rejet des célébrités sportives par les adolescents. Neuf cents collégiens et lycéens de la région Provence-Alpes ont été interrogés. Les résultats montrent, d’une part, que les sportifs les plus appréciés le sont parce qu’ils véhiculent une culture tribale, communautaire et nationaliste (largement exacerbée par les médias, le monde du spectacle et les discours politiques) qui leur confère un statut de héros et, d’autre part, que les sportifs haïs par les adolescents le sont pour des raisons qui impliquent les mêmes processus imaginaires (le tribal, la communauté, la nation), cette fois dans le sens de l’impureté, de l’inacceptable et de l’imposture.

POINTS DE VUE

  • Politiques municipales de la jeunesse à Bischwiller

Julien Fuchs, allocataire-moniteur de l’enseignement supérieur en STAPS à l’université Marc Bloch de Strasbourg ; Frédérick Guyon, attaché temporaire d’enseignement et de recherche en STAPS à l’université Marc Bloch de Strasbourg ; Sébastien Stumpp, allocataire-moniteur de l’enseignement supérieur en sciences sociales à l’université Marc Bloch de Strasbourg

L’amélioration des « politiques jeunesse » apparaît aujourd’hui comme une préoccupation politique majeure pour les municipalités. À la demande de la mairie de Bischwiller, notre étude dresse un panorama exhaustif de l’offre socioculturelle, socio-éducative et sportive pour la jeunesse. Relevant les points positifs et les manques des initiatives municipales et associatives (Contrat éducatif local, Ticket-sport…), elle incite à saisir l’efficacité de celles-ci. Cette démarche est la condition liminaire d’une amélioration, à moyen terme, de la cohérence des actions à destination des jeunes de la commune.

  • Pratiques et loisirs urbains : les lycéens en action

Herilalaina Rakoto-Raharimanana, doctorant en sociologie à l’université de Provence, département de sociologie/LAMES

Le terme de « loisir » ou « loisirs » comporte une pluralité de sens et de significations. Néanmoins, si l’on veut trouver un point commun consensuel, on pourrait prudemment avancer que la pratique d’un loisir revêt souvent un caractère « libre ». Dans cet article, nous allons explorer une des dimensions des pratiques de loisirs à travers une population particulière constituée de lycéens-travailleurs. Ainsi, nous intégrerons la dimension spatio-temporelle constitutive de ce groupe social en tenant compte de ce que nous qualifions d’« ensemble sociospatial de vie ». Alors l’interconnexion des obligations scolaires et de l’exigence du quotidien (matérialisée ici par l’exercice des petits boulots) constitue un nouveau poste d’observation des pratiques de loisirs urbains.

CHRONIQUES

  • LIRE, FAIRE LIRE

Comptes rendus de lecture

  • Les féministes et le garçon arabe, Nacira Guénif-Souilamas, Éric Macé
  • L’accueil à l’école des élèves primo-arrivants en France, FASILD
  • « Comprendre les jeunes », Comprendre, n° 5, sous la direction de François Dubet, Olivier Galland et Éric Deschavanne

Notes de lecture
Signalements

  • CARNET DE CHAMPS (colloques, rencontres, événements)
  • VEILLE INFORMATIVE

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