Trois contributions dans la revue Vie sociale « Ces jeunes qui s’en sortent… au regard des politiques nationales et locales »

Dans son dernier numéro, la revue Vie sociale s’intéresse aux jeunes des milieux populaires, des banlieues, de la périphérie, comme des campagnes qui, malgré les difficultés, réussissent parvenue à trouver leur place dans un processus d’insertion sociale et professionnelle. Un numéro qui compte trois contributions de chargés d’études de l’INJEP.

 

Dans son article « Inégalités intragénérationnelles au moment de l’entrée dans l’âge adulte. Apports des sciences sociales », Yaëlle Amsellem-Mainguy met en évidence combien, entre 18 et 30 ans, les jeunes vivant en France connaissent une période d’entre-deux : aspiration à l’autonomie dans une situation de dépendance économique forte (en raison d’un allongement des études pour une partie d’entre eux), entrée dans des situations d’emploi qui ne leur permettent pas toujours de financer leur indépendance et aides sociales plutôt faibles.

 

Samuel James et Aude Kérivel tirent, quant à eux, les enseignements des évaluations menées dans le cadre du Fonds d’expérimentation pour la jeunesse dans une contribution intitulée « Donner aux jeunes vulnérables du temps au présent pour miser sur l’avenir ». L’enjeu est de déterminer et d’analyser les facteurs de réussite de dispositifs spécifiquement dédiés à des catégories de populations que les politiques publiques peinent à atteindre : jeunes détenus, neet (Not in Education, Employment or Training, ni étudiant, ni employé, ni stagiaire), jeunes sortant de l’Aide sociale à l’enfance, jeunes sans domicile fixe. Un travail inductif de construction des politiques publiques à partir des connaissances de terrain et des besoins des jeunes, des dispositifs centrés sur l’emploi ou l’allocation financière et qui ne négligent pas la nécessité de lever les potentiels freins administratifs, de santé et d’isolement. L’entrée dans un dispositif qui s’adapte à leurs besoins, et qui leur permet surtout de prendre le temps nécessaire, à un moment propice de leur trajectoire, semble être un levier permettant à ces jeunes que nous pouvons regrouper sous le vocable « vulnérables » de « s’en sortir ».

 

Enfin, dans un article intitulée « Ce qu’une « sortie positive » de la Garantie jeunes veut dire », Julie Couronné et ses co-auteurs Marie Loison-Leruste et François Sarfati, s’intéressent aux différentes raisons qui expliquent que certains jeunes parviennent à s’approprier ce dispositif d’insertion sociale et professionnelle destiné aux jeunes « ni en emploi, ni en formation, ni en études ». Les critères institutionnels retenus pour considérer une « sortie positive » de la Garantie jeunes se rapportent à l’emploi et uniquement à l’emploi. L’enquête ethnographique, dont est issue l’article, a été menée dans trois missions locales et incite à adopter une lecture alternative, fondée sur les parcours observés. Une étude de la situation de celles et ceux « qui s’en sortent » qui croise l’analyse de leurs parcours et la manière dont ils et elles ont réceptionné la proposition institutionnelle de la Garantie jeunes.