Comment évaluer des projets innovants encore en construction ?

Produire de la connaissance à partir de questions de terrain et accéder à la réalité des jeunes


L’évaluation est aujourd’hui au coeur de la conduite des politiques ou actions publiques et prend une place toute particulière dans la logique de la politique de jeunesse « globale et intégrée » qui est celle de l’État depuis les années 2000. Mesurer les effets d’un dispositif et voir comment l’améliorer afin qu’il atteigne ses cibles, tels sont les deux principaux objectifs de l’évaluation des politiques publiques.

Cette note se concentre sur ce second objectif, particulièrement approprié aux dispositifs innovants, en construction, qui ne sont pas encore stabilisés ou suffisamment matures pour en mesurer les effets, et qui sont souvent conduits dans le cadre d’appels à projets, processus inhérent à la démarche ascendante (bottom-up) des politiques de jeunesse.

Elle participe ainsi à la réflexion sur les méthodes d’évaluation à dominante qualitative de dispositifs innovants « en construction », à partir de l’examen de cinq évaluations de ce type, ancrées dans des réalités complexes et des territoires différents, qui ont notamment cherché à recueillir l’expérience de la population ciblée, à savoir les jeunes, alors même que les dispositifs peinaient parfois à l’atteindre.

La première partie de cette note montre que l’évaluation gagne à s’appuyer sur des échanges approfondis entre les différents acteurs, à partir de questions de terrain, pour faire émerger des résultats finaux d’évaluation utiles et appropriés par les acteurs. La seconde partie présente deux exemples d’outils de recueil de données conçus avec les acteurs dans le cadre de projets en construction.

Si aucun protocole évaluatif ne ressemble à un autre, tout évaluateur aura un intérêt à avoir accès aux coulisses de ces évaluations qui ont atteint leur objectif, à savoir produire de la connaissance utile et utilisable.