Jeunesses « de rue » et « à la rue »


L’utilisation de l’espace public comme lieu de vie et non comme simple lieu de passage concerne en particulier les jeunes les plus démunis des classes populaires, qu’ils soient des jeunes « de rue », passant tout leur temps libre dans la rue, ou des jeunes « à la rue », sans domicile. Dans les deux cas, ils ont un rapport contraint et forcé à la rue, et perpétuent un ancien usage populaire (et masculin) de l’espace public, transformant celui-ci en lieu de vie du fait même de l’absence ou de la défaillance de l’espace privé familial.
Ce numéro s’intéresse aux rapports contraints à la rue, aux jeunes qui s’y installent non par choix mais par défaut d’autres possibilités. Il étudie la recherche de lieux désaffectés, qui pourraient être squattés, et analyse les stratégies des jeunes pour transformer un choix par défaut, inspirant la pitié et le misérabilisme, en choix de vie réaffirmant leur libre-arbitre.


Informations complémentaires


Sommaire

DOSSIER

Introduction : L’occupation juvénile de l’espace public par défaut d’espace privé Francis Lebon, Thomas Sauvadet

Jeunesses populaires et jeunesses de rue Gérard Mauger

« Avoir un local à soi ». Enjeux de territoire entre jeunes des rues et institutions d’un quartier populaire Alice Daquin

Références plurielles à la rue dans les expressions numériques des jeunes sans domicile Marianne Trainoir

Grandir dans une chambre d’hôtel. Pourquoi l’espace public ne compense-t-il pas l’absence de chez-soi ? Odile Macchi, Nicolas Oppenchaim

HORS DOSSIER

Les « cultures d’origine » dans les partenariats école/familles. Analyse croisée de dispositifs de médiation interculturelle Lila Belkacem, Séverine Chauvel

« Profiter de sa jeunesse avant de se caser » Entre injonction normative, variation sociale et effet de genre Emmanuelle Santelli