Les étudiant·e·s et leurs engagements temporels


À partir d’un questionnaire et d’une série d’entretiens réalisés auprès d’étudiant·e·s, inscrit·e·s dans différents établissements et filières de l’enseignement supérieur, cette enquête étudie leurs engagements institutionnels et temporels.

Les analyses portent sur une frange estudiantine particulière, celle composée d’étudiant·e·s engagé·e·s dans une ou plusieurs activités instituées, réalisées dans le cadre d’une association ou d’une structure par exemple. Plus particulièrement, ce rapport s’intéresse aux engagements qui prennent du temps, et qui ne se réduisent pas à un engagement intellectuel mais à une pratique effective. Saisis par les temporalités, ces engagements sont pensés conjointement dans des activités bénévoles, dans les études (passer du temps à étudier) et dans le travail. Cela permet de décrire les trajectoires, les ressorts et les processus qui conduisent au passage à l’acte de s’engager – mais aussi au maintien des engagements –, et d’en saisir le contenu. Tout au long de cette enquête, les chercheurs et chercheuses analysent qui sont les étudiantes et les étudiants « engagé·e·s », ce que sont ces engagements et comment ils s’articulent entre eux.

En reconstituant leurs emplois du temps, l’enquête dégage quatre profils idéaux-typiques qui caractérisent les engagements temporels des étudiant·e·s : le profil du « scolaro centré » incarnant l’étudiant·e qui « tient » le temps pour réussir scolairement et éprouve des difficultés à optimiser son temps ; celui de « l’élite multi-engagée » qui domine le temps et prend plaisir à multiplier les activités scolaires et extrascolaires, le « calculateur », fondé sur un investissement du temps afin de se fabriquer « un beau curriculum-vitae » et réussir une carrière professionnelle, et enfin, le profil du « distancié », ce dernier traduisant la difficulté de maitriser le temps et se projeter dans l’avenir afin d’envisager une carrière professionnelle.