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VARIA


Ce numéro VARIA de la revue Agora débats/jeunesses propose à la lecture sept articles scientifiques autour des questions de jeunesse et des politiques publiques qui leur sont dédiées.


SOMMAIRE


  • Geneviève Poujol socio-historienne des associations et de l’éducation populaire (1930-2023)
    Francis Lebon, Jean-Paul Martin

    Femme aux multiples réseaux, Geneviève Poujol (1930-2023) a profondément marqué, comme socio-historienne, les recherches sur le monde associatif, l’éducation populaire et l’animation socioculturelle au cours des années 1970-2000, que l’on pourrait qualifier de « moment Poujol ». Son rôle à la revue des Cahiers de l’animation ou à la Société française des chercheurs sur les associations a été considérable. Ses enquêtes ont concerné principalement le métier d’animateur et l’histoire de l’éducation populaire. Elle a en particulier modélisé la dynamique de la création d’associations et engagé un vaste chantier prosopographique sur les militants associatifs et culturels.

  • Des disputes amicales aux tribunaux numériques : la régulation des conflits par les adolescents via les réseaux sociaux numériques
    Rosa Maria Bortolotti

    En mobilisant la sociologie du conflit, l’article propose de montrer à travers la vision des adolescents, comment ces derniers investissent les réseaux sociaux numériques comme des lieux de socialisation amicaux mais aussi de conflictualité. L’autrice s’appuie sur des entretiens réalisés avec une quarantaine de jeunes de quartiers populaires dans le cadre d’une recherche doctorale visant à analyser leurs pratiques numériques. Elle étudie comment leurs conflits se développent et se transposent dans les réseaux sociaux numériques tout en distinguant ce qui relève de situations de cyberviolence et de formes contemporaines de régulation des divergences.

  • La jeunesse populaire face à l’enseignement supérieur. Manières de s’orienter en Italie et en France
    Ciro Cangiano

    La jeunesse populaire, longtemps exclue de l’enseignement supérieur, représente désormais une composante de plus en plus importante de la population étudiante dans la plupart des pays occidentaux. L’ouverture sociale de la formation postsecondaire est allée de pair avec un processus de convergence européenne sur les questions éducatives, qui a conduit à la définition de stratégies communes pour renforcer le lien entre le monde de l’éducation et le monde du travail. En s’appuyant sur une enquête de terrain qualitative menée auprès de 50 étudiant·e·s, cet article vise à comparer les parcours d’orientation des jeunes issus des classes populaires vers les études supérieures en Italie et en France

  • Lire et devenir adulte. Évolution des usages et pratiques de lecture à l’entrée dans l’âge adulte
    Élodie Hommel, Julie Lavielle

    À partir d’entretiens biographiques approfondis menés auprès de jeunes adultes, cet article étudie la place que joue la lecture dans une période où l’entrée dans la vie active et la décohabitation parentale bouleversent les conditions de vie. Il analyse, d’une part, la manière dont les pratiques de lecture se reconfigurent dans ce contexte incertain et, d’autre part, le rôle de la lecture dans l’accompagnement et la mise en sens des changements biographiques. L’enquête montre que la lecture joue un rôle important dans la construction des jeunes adultes, mais que son importance et ses modalités d’évolution varient fortement en fonction de leur situation socioprofessionnelle.

  • Mises en oeuvre et variations locales d’un dispositif de lutte contre le décrochage scolaire : les ateliers relais
    Alicia Jacquot

    Cet article analyse le processus de mise en oeuvre différenciée d’un dispositif de lutte contre le décrochage scolaire en collège (ateliers relais) et ses formes partenariales entre les mondes de l’éducation populaire et de l’éducation nationale. Grâce à la démarche ethnographique, il explique de quelles manières ce dispositif prend des configurations locales particulières alors qu’il possède un cadrage national fort. Ce dispositif interroge ainsi l’appropriation de règles et de recommandations par les acteurs opérationnels et organisationnels et les effets de cette appropriation sur la lutte contre le décrochage scolaire aux échelles nationale et locale.

  • « La file d’attente, ça fait un peu déprimer » Parcoursup : épreuve d’attente et sentiment d’injustice
    Alban Mizzi

    S’appuyant sur le suivi qualitatif de 34 lycéens en cours d’affectation sur Parcoursup, cet article propose une lecture de ce dispositif en tant qu’épreuve, défi standardisé. En France, les difficultés relatives à l’orientation des bacheliers vers l’enseignement supérieur aboutirent en 2018 à la réforme sur l’orientation et la réussite des étudiants dans laquelle s’inscrit Parcoursup. Si le dispositif antérieur « admission post-bac » apparaissait injuste du fait du tirage au sort pratiqué dans certaines universités, Parcoursup peine à répondre à ces enjeux de justice à cause de son opacité. Plus encore, du fait de l’absence de hiérarchisation des voeux par le candidat, la procédure les plonge dans des horizons temporels moins bornés et plus diffus via des listes d’attente, dont les difficultés sont différemment appréhendées d’un individu à un autre.

  • Socialisations des apprenti·e·s à l’entrée sur le marché du travail
    Benjamin Saccomanno

    Comment l’entrée dans le monde du travail modifie-t-elle les perceptions de jeunes à propos d’eux-mêmes et de leur jeunesse ? Gérer un salaire et la fatigue, négocier l’équilibre des temps privés et professionnels, appréhender l’ordre hiérarchique sont quelques-uns des apprentissages au coeur des socialisations professionnelles étudiées. La population d’étude est composée d’apprenti·e·s d’origines populaires, en CAP et baccalauréat professionnel (mécanique, commerce et soins du corps). L’article s’arrête notamment sur les apprentissages tirés du nouveau quotidien induit par l’occupation régulière et continue d’un emploi, de la gestion de la paie aux façons de composer avec les rapports sociaux au travail. Les positions subalternes occupées offrent un point de vue privilégié sur l’expérience de la conformité au travail chez des jeunes dont les récits restituent les effets de leur mise au travail sur leur parcours